En bref
- Les cubes de bouillon apportent du goût, mais leur teneur en sel et leur liste d’ingrédients varient selon les références.
- Dans son Guide d’achat pour bien manger 2025, le nutritionniste Jean-Michel Cohen critique quatre produits précis, notamment pour leur sel, leurs matières grasses ou certains additifs.
- Le guide ne permet pas d’établir un classement général des meilleures références : les emballages et les recettes peuvent évoluer.
- Comparer les étiquettes, en particulier le sel et la quantité de légumes ou d’ingrédients valorisés, aide à choisir en connaissance de cause.
- Un bouillon maison permet de maîtriser les ingrédients, sans constituer pour autant une recommandation médicale ou nutritionnelle personnalisée.
Cubes de bouillon dans la soupe : ce que relève le nutritionniste
Dans une soupe de légumes, un cube paraît souvent n’être qu’un détail de préparation. Pourtant, sa composition peut modifier sensiblement ce que le plat apporte en sel, en matières grasses et en ingrédients aromatiques.
Le nutritionniste Jean-Michel Cohen a examiné sept références de bouillons commercialisées par Knorr et Maggi dans son Guide d’achat pour bien manger 2025, publié aux éditions First. Les éléments disponibles désignent quatre produits jugés peu convaincants, mais ne donnent pas le détail des trois autres évaluations.
Cette précision compte : les informations rapportées ne permettent ni d’établir un palmarès complet, ni de conclure que toutes les références d’une marque se valent. Elles éclairent plutôt une question pratique : que trouve-t-on réellement dans un produit vendu comme un simple concentré de légumes, de viande ou d’herbes ?
Le bouillon méditerranéen aux légumes de Knorr est notamment critiqué pour la présence de glutamate de sodium, d’inosinate disodique et de guanylate disodique. La description signale aussi de la graisse de palme, de l’amidon, du sirop de glucose et une place importante occupée par le sel.
Le nutritionniste relève également la faible proportion de certains ingrédients mis en avant sur l’emballage du bouillon bio aux herbes et à l’huile d’olive de Knorr : 2 % d’huile d’olive et 5 % d’herbes, selon les données rapportées dans son guide. Ces proportions ne résument pas à elles seules la qualité d’un produit, mais elles invitent à regarder au-delà de l’illustration du paquet.
Le bouillon de poule Marmiton est, lui, critiqué pour la présence de matières grasses, de sucre, d’arômes et d’additifs. Enfin, le bouillon Kub bio volaille de Maggi contient notamment du sel, du sucre, du sirop de glucose et du beurre de karité.
Ces observations concernent des références et des formulations précises, telles qu’elles ont été examinées pour une édition publiée en 2025. En 2026, une recette peut avoir changé : l’emballage en rayon reste donc la source à vérifier avant tout achat.
Pour une personne qui prépare une soupe chaque soir, l’intérêt est surtout de comprendre que le cube n’est pas un ingrédient neutre. La composition mérite d’être replacée dans l’ensemble du repas, plutôt que jugée sur le seul mot « légumes » ou « bio ».

Sel, sodium et additifs : lire l’étiquette sans se perdre
Le sel constitue l’un des premiers points de vigilance dans les bouillons cubes. Il contribue au goût et à la conservation, mais la quantité utilisée dans une préparation s’ajoute à celle déjà présente dans les autres aliments de la journée.
Sur l’étiquette nutritionnelle, le chiffre affiché est généralement celui du sel, tandis que le sodium désigne un élément qui entre dans sa composition. Les deux termes sont liés, mais ne sont pas interchangeables lorsqu’il s’agit de lire les valeurs nutritionnelles.
L’Organisation mondiale de la Santé recommande aux adultes de consommer moins de 5 grammes de sel par jour, toutes sources alimentaires confondues. Cette référence générale ne constitue pas un objectif personnalisé et ne remplace pas les indications données par un professionnel de santé pour une situation particulière.
Un cube peut sembler petit, mais il est souvent destiné à parfumer une casserole entière, et non une portion individuelle. La quantité réellement consommée dépend donc du nombre de parts, du volume d’eau et de l’assaisonnement ajouté ensuite.
Les additifs cités dans le guide Cohen comprennent des exhausteurs de goût tels que le glutamate de sodium, l’inosinate disodique et le guanylate disodique. Leur présence mérite d’être repérée, mais le seul nom d’un additif ne suffit pas à démontrer qu’un produit est dangereux ou à établir un risque individuel.
Pour les consommateurs, l’enjeu est d’abord de comprendre la fonction de ces ingrédients et leur place dans une recette industrielle. Le règlement européen sur l’information alimentaire prévoit que les ingrédients apparaissent sur l’étiquette selon un ordre décroissant de poids au moment de leur incorporation.
Une liste qui commence par le sel indique donc que celui-ci est présent en quantité supérieure aux ingrédients listés après lui. À l’inverse, la mention d’une herbe ou d’une huile sur la face avant ne renseigne pas, à elle seule, sur sa proportion dans le produit.
Une démarche simple consiste à comparer deux emballages de même usage, en regardant la quantité de sel pour 100 grammes et la liste complète des ingrédients. Pour estimer l’apport correspondant à la quantité réellement utilisée, il faut ensuite tenir compte du nombre de cubes et du nombre de portions préparées.
Les informations officielles sur l’étiquetage sont consultables sur le site de la Commission européenne consacré à l’information des consommateurs. La recommandation générale sur le sel figure sur la page de l’Organisation mondiale de la Santé.
La règle utile n’est donc pas de s’arrêter à un ingrédient isolé, mais de replacer la composition dans la portion effectivement consommée et dans le repas complet.
Quatre bouillons examinés : ce que dit le guide d’achat
Les critiques rapportées par Jean-Michel Cohen portent sur des éléments différents selon les références. Le tableau ci-dessous reprend les informations attribuées au Guide d’achat pour bien manger 2025, sans les transformer en avis médical ni en classement exhaustif.
| Référence examinée | Éléments signalés | Point à vérifier sur l’emballage |
|---|---|---|
| Bouillon de légumes méditerranéens, Knorr | Sel, exhausteurs de goût, graisse de palme, amidon et sirop de glucose | La place du sel et des exhausteurs dans la liste des ingrédients |
| Bouillon bio aux herbes et à l’huile d’olive, Knorr | 2 % d’huile d’olive et 5 % d’herbes selon les données rapportées | Les proportions réelles des ingrédients mis en avant |
| Bouillon de poule Marmiton | Matières grasses, sucre, arômes et certains additifs | Les matières grasses et les ingrédients aromatiques détaillés |
| Bouillon Kub bio volaille, Maggi | Sel, sucre, sirop de glucose et beurre de karité | La quantité de sel et la place des sucres dans la composition |
Ce relevé appelle une lecture nuancée. Par exemple, la présence d’huile d’olive dans le nom d’un produit ne signifie pas que cette huile constitue une part importante de sa recette ; la proportion indiquée donne un repère plus concret.
De même, l’expression « bouillon bio » répond à une certification portant sur le mode de production des ingrédients concernés. Elle ne signifie pas automatiquement que le produit est pauvre en sel, dépourvu d’additifs ou adapté à tous les besoins alimentaires.
Imaginons Claire, qui prépare une soupe pour quatre personnes et compare deux boîtes en rayon. Si l’une met en avant les herbes mais en contient peu, tandis que l’autre affiche une teneur en sel plus basse, la comparaison des données imprimées l’aide à choisir selon ses priorités.
Cette démarche ne consiste pas à condamner les références citées, ni à considérer qu’un ingrédient particulier rend à lui seul un produit impropre à la consommation. Elle permet plutôt de comprendre ce que recouvre une promesse de goût ou de naturalité lorsqu’elle est confrontée à la liste détaillée.
Le guide mentionne sept produits, alors que les éléments disponibles n’identifient que quatre références critiquées. Il serait donc imprécis de présenter ces quatre produits comme les seuls mauvais choix du marché, ou de désigner les trois autres comme les meilleurs.
Les recettes industrielles peuvent aussi être modifiées entre deux éditions d’un ouvrage et entre deux achats. La photographie d’une composition publiée dans un guide doit ainsi être considérée comme un repère daté, non comme une garantie sur chaque paquet vendu aujourd’hui.
Le réflexe le plus fiable reste de vérifier les informations du produit réellement placé dans le panier, notamment lorsque l’emballage ou la gamme a évolué. Une comparaison limitée à quelques critères lisibles est souvent plus utile qu’une liste de marques supposées bonnes ou mauvaises.
Soupe, bouillon maison et alternatives pour maîtriser la recette
Pour donner du relief à une soupe sans dépendre uniquement d’un cube, certains ingrédients de cuisine peuvent contribuer au goût : légumes revenus, herbes, épices, ail ou oignon, selon la recette et les habitudes du foyer. Il ne s’agit pas de recommandations alimentaires personnalisées, mais de possibilités culinaires à adapter aux préférences de chacun.
Un bouillon maison peut être préparé à partir de légumes et d’herbes, puis utilisé immédiatement ou conservé selon des règles de sécurité alimentaire appropriées. Son intérêt pratique est de laisser davantage de maîtrise sur les ingrédients ajoutés, en particulier le sel, sans garantir une composition nutritionnelle idéale.
Par exemple, une personne qui prépare une grande marmite de soupe peut réserver une partie du liquide de cuisson des légumes avant d’ajouter un assaisonnement. Elle peut alors goûter la préparation et ajuster progressivement les saveurs, plutôt que de verser d’emblée un cube entier.
Les herbes fraîches ou séchées apportent un profil aromatique différent, mais leur usage dépend du plat et des goûts. Le thym convient à certaines préparations, tandis que le persil ou la coriandre s’intègrent mieux à d’autres ; aucune combinaison n’est universelle.
Une autre option consiste à utiliser un bouillon en poudre ou liquide dont l’étiquette indique clairement la composition et la teneur en sel. Le format n’est pas un critère suffisant : un produit déshydraté n’est pas automatiquement plus salé qu’un produit liquide, et la comparaison doit porter sur les données nutritionnelles.
Dans les repas partagés, il est parfois utile de séparer l’assaisonnement de la base. Une soupe préparée sans cube peut être servie avec différents ajouts à table, sous réserve que cela corresponde aux besoins des convives et aux consignes éventuellement données par leurs professionnels de santé.
La notion d’alimentation équilibrée ne se résume toutefois pas au choix d’un bouillon. Elle renvoie à l’ensemble des aliments consommés et aux besoins propres à chacun ; un article consacré à un condiment ne peut donc déterminer la qualité globale d’un régime.
Lorsqu’une personne doit suivre une consigne médicale particulière concernant le sel ou certains ingrédients, la composition du produit doit être discutée avec le professionnel qui l’accompagne. Les conseils généraux publiés ici ne remplacent pas cet échange et ne permettent pas d’évaluer une situation individuelle.
Le bouillon maison n’est donc pas une solution miracle, mais une manière concrète de connaître davantage ce qui entre dans une casserole. L’important est de choisir une méthode de préparation compatible avec les goûts, les contraintes et les informations reçues par chaque foyer.
Choisir ses cubes de bouillon sans transformer l’achat en enquête
Au supermarché, les emballages mettent souvent en avant un ingrédient valorisant, comme des légumes, des herbes, une huile ou une certification biologique. Ces indications peuvent être exactes, mais elles ne remplacent pas la lecture de la liste complète ni des données nutritionnelles.
Une comparaison efficace peut se faire en quelques étapes, sans chercher à interpréter chaque terme technique. Elle permet de distinguer les informations utiles des éléments surtout destinés à attirer l’attention sur la face avant du paquet.
- Repérer l’usage prévu : bouillon de légumes, de volaille ou de viande ne répondent pas aux mêmes attentes culinaires.
- Comparer la teneur en sel : les valeurs sont à lire pour une même quantité de produit, puis à rapprocher de la quantité réellement utilisée.
- Lire les premiers ingrédients : leur ordre renseigne sur la place relative des composants dans la formulation.
- Vérifier les ingrédients mis en avant : une herbe ou une huile citée dans le nom peut représenter une proportion limitée.
- Contrôler la date et l’emballage : une recette change parfois, et un ancien avis ne décrit pas nécessairement la version actuellement en rayon.
Cette méthode est particulièrement utile lorsque plusieurs membres d’une famille achètent les mêmes produits. Un proche peut photographier l’étiquette et la comparer à celle d’une référence déjà utilisée, plutôt que de se fier au souvenir d’un emballage qui a pu évoluer.
Il est également possible de noter les différences qui comptent réellement pour le foyer : quantité de sel, présence de certains ingrédients, goût ou facilité d’utilisation. La décision devient alors plus lisible et moins dépendante des formules publicitaires.
Les recommandations alimentaires générales ne s’appliquent pas toujours de manière identique à chaque situation. Une pathologie, une consigne de soins ou un besoin particulier peut modifier les critères pertinents ; dans ce cas, l’équipe médicale ou un diététicien peut préciser les repères adaptés.
Pour comprendre les informations officielles sur le sel et l’étiquetage, les pages de l’OMS et de la Commission européenne apportent un cadre général. En France, le site de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail publie également des repères sur l’alimentation et la sécurité sanitaire.
La question n’est pas de supprimer systématiquement les cubes de bouillon, mais de savoir ce qu’ils ajoutent à une préparation. Un produit pratique peut garder sa place en cuisine, à condition que sa composition et son usage soient compris.
Les cubes de bouillon sont-ils tous trop salés ?
Non, leur composition varie selon les références et les recettes. Comparez la teneur en sel indiquée sur des quantités équivalentes et tenez compte du nombre de portions préparées.
Quels bouillons Jean-Michel Cohen critique-t-il dans son guide ?
Les informations rapportées citent le bouillon méditerranéen aux légumes Knorr, le bouillon bio aux herbes et à l’huile d’olive Knorr, le bouillon de poule Marmiton et le bouillon Kub bio volaille Maggi. Ces évaluations concernent les formulations examinées pour le guide 2025.
Un bouillon bio est-il forcément pauvre en sel ou sans additifs ?
Non. La mention bio concerne le mode de production des ingrédients certifiés et ne garantit pas, à elle seule, une faible teneur en sel ni l’absence d’additifs.
Comment remplacer un cube dans une soupe ?
Vous pouvez parfumer la préparation avec des légumes, des herbes ou des épices, ou utiliser un bouillon maison. Le choix dépend de la recette et des éventuelles consignes alimentaires personnelles.
